Quelles conséquences économiques pourrait avoir le boycott de Facebook par les annonceurs ?

Le plus célèbre des réseaux sociaux a refusé de faire le ménage parmi les publications de ses utilisateurs. Accusé à plusieurs reprises d’être manipulé au service d’idéologies extrémistes utilisant la désinformation, Facebook n’a pas encore jugé bon de réagir. Résultat, en pleine protestation « Black Lives Matter », les annonceurs ont annoncé boycotter le réseau. Une décision qui pourrait avoir des répercussions à très grande échelle.

Une décision qui inquiète les investisseurs et pourrait déstabiliser le dollar

Facebook n’est plus une simple entreprise depuis longtemps. Avec plusieurs milliards d’utilisateurs, c’est un immense réseau tentaculaire qui a multiplié les investissements ces dix dernières années. Or, son modèle économique est presque entièrement bâti autour de la publicité. Le boycott des annonceurs pourrait donc lui coûter très cher s’il continuait longtemps.

À plus large échelle, cette annonce a inquiété les investisseurs. Ceux qui possèdent des actions de l’entreprise, mais également ceux qui ont investi à travers des CFD. Une telle situation pourrait déstabiliser un dollar déjà bien fragilisé par la crise sanitaire, économique et sociale du pays. Une situation qui invite les investisseurs étrangers à miser encore plus sur le forex, mais qui pourrait coûter très cher aux États-Unis.

Une situation très délicate pour Facebook

Il ne faudrait pas croire que Facebook se montre réticent à censurer certains contenus simplement parce que l’entreprise y adhérerait d’une manière ou d’une autre. Au contraire, l’entreprise s’est déjà montrée très embarrassée par le scandale de Cambridge Analytica et la récente décision de la France de la forcer à censurer certains contenus a été vivement critiquée. Une telle privatisation de l’acte de censure n’est pas souhaitable.

Cependant, ce qui gêne surtout Facebook, c’est qu’il est presque impossible pour son réseau social de contrôler les contenus via des modérateurs humains. Elle devrait donc déployer des robots qui censureront inévitablement du contenu ne posant pourtant aucun problème. Elle craint de froisser ses utilisateurs, mais également de réduire les interactions qu’ils ont avec le contenu. Interactions qui font le cœur de son modèle économique puisqu’elles permettent d’affiner les publicités.

Vers la fin d’un modèle économique ?

Facebook se retrouve donc pris entre le marteau et l’enclume. L’entreprise va avoir d’importantes difficultés à choisir la direction vers laquelle se tourner. Certains prophétisent déjà que cela pourrait signer la fin de son modèle économique et l’avènement d’un nouvel Internet.

Dans les faits, rien ne permet de l’affirmer. Pourquoi ? Tout simplement parce que Facebook et son modèle publicitaire rapportent énormément d’argent aux entreprises qui le boycottent actuellement. Il y a donc fort à parier que leur position actuelle est principalement nourrie par l’envie d’améliorer leur image publique en se plaçant du côté des manifestations BLM. Cependant, d’une manière ou d’une autre, elles trouveront le moyen de garder en vie cette poule aux œufs d’or.

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