Le travail en temps partagé, une nouvelle forme d’emploi dans une société de plus en plus collaborative

Alors que pendant des décennies l’économie de marché a fait le culte des de la réussite personnelle en consacrant comme véritable modèle le self-made-man, on assiste à un glissement depuis une dizaine d’années vers le remplacement de ce modèle. En effet, l’avènement d’internet, qui est par principe un réseau de partage d’informations entre terminaux informatiques, a été le catalyseur pour l’éclosion d’une nouvelle économie collaborative. On a assisté dans un premier temps à la floraison d’entreprises comme Amazon, qui de façon verticale se sont contentées de rapprocher des millions de personnes, puis est venue une seconde génération d’entreprises digitales qui mutualisent l’action et le bénéfice. Facebook, Uber ou encore AirBnB sont des entreprises qui reposent sur le partage.

A plus petite échelle et de façon structurelle, des patrons de TPE et PME choisissent de mutualiser l’emploi de certains de leurs acteurs. Faisons un zoom sur cette nouvelle pratique d’optimisation d’entreprise.

Comment ça marche ?

Il n’est pas rare de voir des entreprises réfréner leurs envies d’embauche, ne pouvant s’offrir financièrement les compétences dont elles ont besoin. Aujourd’hui, et ce depuis 2005, l’article L 1252-1 du Code du travail encore peu connu permet à des travailleurs de proposer leurs services à plusieurs entreprises de façon simultanée. Il ne s’agit pas d’emplois précaires, mais de CDI portant sur une masse horaire contractuelle. Ainsi, il est possible désormais de travailler en CDI seulement les jeudis pour une entreprise X. Il s’agit d’une sorte d’emploi qui mutualise à travers plusieurs entreprises relativement petites la rémunération de l’employé. Mieux, la mutualisation et le partage à caractère économique sont de plus en plus présents dans la vie de tous les jours.

La société contemporaine toujours plus mondialisée, toujours plus dématérialisée s’oriente vers un travail à domicile. Et cela peu importe le pays dans lequel l’employé vit. La mondialisation de ce système est facilitée par les smart contracts.

Ces contrats numériques sont établis sur la blockchain. Cette dernière a été rendue célèbre en 2008 par un inconnu au pseudonyme de Satoshi Nakamoto qui a inventé le Bitcoin, première crypto-monnaie émise par les utilisateurs eux-mêmes grâce à leurs ordinateurs. 9 ans plus tard, en 2017, le monde découvrait les crypto-monnaies, avec une question récurrente : comment acheter des Bitcoins rapidement. En effet en 2017 sa valeur a été multipliée par 20.

Révolutionnaire, cette crypto-monnaie qui ne cesse de prendre de la valeur au fil des années, tend également à faciliter les paiements internationaux et par conséquent optimiser le travail à distance.

En France on dénombrait quelque 40 000 personnes qui offraient leurs services via ce format de prestations. Il offre l’avantage de la diversification de défis et de projets aux professionnels qui n’aiment pas la routine.

 

Les contours juridiques de la pratique

Juridiquement, les emplois en temps partagé ne se heurtent à aucune disposition légale ; ils sont au contraire encadrés comme susmentionné. Sur ce plan, cet instrument collaboratif ne partage pas la même fortune que les applications collaboratives telles que Bitcoin, AirBnB, et autres qui ont souvent maille à partir avec la législation. Il n’a rien à voir avec l’intérim dont il semble être proche. L’emploi en temps partagé repose lui sur un vrai contrat indéterminé pour lequel l’employé tente d’apporter son expertise non pas en continu sur la semaine, mais ponctuellement.

 

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